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photo : Christophe Guiard
d’un de nos envoyés spéciaux. Il est 7h30 en ce mercredi déjà chaud. Le soleil tape fort. Torse nu sans un gramme de graisse, Yves Tabarant s’en revient de son footing. Un petit verre de Gatorade, la boisson énergétique locale, et le vétéran de Lourdes plonge dans le Pacifique.

A 59 ans, il s’apprête à prendre le départ de son cinquième Hawaii. Toujours aussi affûté qu’à 20 ans. Toujours aussi ambitieux. Mon objectif est de battre le record de ma catégorie (ndlr : les 55-59 ans, en 9h46). C’est jouable. Si tout va bien et si les conditions ne sont pas difficiles, je pense mettre 9h30. Un temps au-dessus de ce qu’il a l’habitude de faire à Hawaii.

En 1993, 96 et 2000, j’avais fini autour de la 100e en à peu près 9h20. Il y a quatre ans, lors de sa dernière présence à Kona, il avait terminé 75e en 9h54. Mais cette année-là, le vent avait soufflé très fort, se remémore-t-il. Yves Tabarant part donc de nouveau au combat, préparé au défi qu’il s’est lancé.

J’ai suivi quatre semaines de 30 heures. Comme je travaille à temps complet, je me suis levé à 5h pour m’entraîner de 6h15 à 8h puis l’après-midi après 17 h, explique le directeur de l’office des sports de Lourdes. Le week-end, en général, je m’entraînais 13 heures. C’est surtout le samedi et le dimanche qu’il roulait. J’ai fait beaucoup de bosses. C’est sur ce terrain qu’on acquiert de la puissance. Chaque semaine en moyenne, il passait 5 à 600 km sur sa selle, courait 80 à 100 km et nageait quatre fois entre 2000 et 2500 m.

Autant dire que son corps est prêt à endurer les sacrifices que demandent 9h30 d’efforts à Hawaii. J’ai une petite crainte, nuance-t-il. J’ai une contracture au mollet droit. J’espère que cela ne va pas lâcher pendant la course. Au-delà de sa préparation, Yves Tabarant pourra compter sur sa riche expérience, lui qui a commencé le triathlon en 1984. Je ne compte plus le nombre de triathlons et d’Ironman que j’ai pu faire, s’amuse-t-il. Comptez pour lui : en moyenne, il dispute entre 20 et 25 courses par saison.

Mais évidemment, il se souvient de ses quatre passages à Hawaii. Cette épreuve n’a pas le plus beau parcours mais c’est la plus belle par rapport à l’histoire de notre sport. Elle en symbolise sa culture. Paroles de sage.